Charles Kouoh Kotte : «Eseme est l’athlète le mieux classé au ranking mondial»

Charles Kouoh Kotte : «Eseme est l’athlète le mieux classé au ranking mondial»

Le Secrétaire général de la Fédération camerounaise d`athlétisme s’explique sur le malaise née de la qualification contestée du sprinteur en route pour les J.O. de Tokyo 2020.

Que s’est-il réellement passé avec l’athlète Raphael Nganguele ? Son entraîneur déclare qu’il a réalisé les minimas qualificatifs aux JO de Tokyo mais, au final, il n’y sera pas au bénéfice de son coéquipier Emmanuel Eseme?

Au deuxième meeting interclub de la saison couru le  7 mars 2021 à Yaoundé, l’athlète Raphael Nganguele a réalisé un chrono de 20.09 à l’épreuve du 200 m. Un temps requis pour les minimas qualificatifs aux Jeux Olympiques. Cette performance lui a, par ailleurs, permis de battre le record du Cameroun. Sauf que, sa performance n’a simplement pas été validée par la World Athletics, l’instance internationale ; et ce malgré les multiples relances que nous avons effectuées auprès d’elle. C’est ainsi que nous nous sommes retrouvés, à la Fédération, face à une situation qui nous a obligé à nous fier à la position de chacun desdits athlètes au classement mondial. Sachant que le mieux classé bénéficie d’une d’invitation. Pour l’heure, celle-ci revient bel et bien à l’athlète Emmanuel Eseme. D’où le choix porté, au final, sur la personne de ce dernier, lui aussi sprinteur.

Dans quelles conditions les minimas ont-t-ils été réalisés ?

Les minimas auxquels vous faîtes allusion ont été réalisés lors du deuxième meeting interclub d’athlétisme de la saison, qui était une compétition très relevée. D’ailleurs, faut-il le rappeler, des athlètes de la diaspora avaient pris part à ce meeting.  Parmi ces derniers, nous pouvons citer Nora Monie Atim. l’athlète avait également pulvérisé le record du Cameroun du lancer de disque au cours de cette compétition-là. Donc, il y a eu ce jour une course de 200 m très rapide, qui a permis à Raphael Nganguele de réaliser une magnifique performance de 20.09. Celle-ci s’avérait être l’une des meilleures performances mondiale de l’année. 

Ces conditions étaient-elles suffisantes pour que les performances, en question, soient homologuées ?

Pour nous, toutes les conditions étaient réunies pour valider les performances du meeting interclubs du 7 mars dernier. Ce que nous avons rappelé à la World Athletics, qui a fait des enquêtes au terme desquelles elle n’a pas voulu homologuer lesdites performances, notamment celles du 200 m. Il nous est impossible d’aller à l’encontre des décisions prises par les instances internationales. Du moment où nous essayons de les convaincre  de ce que la performance a été réalisée dans de bonnes conditions. Malheureusement, la World Athletics n’a pas validé les temps réalisés par l’ensemble des athlètes engagés à l’épreuve du 200m lors de ce meeting-là. Pour preuve, il n’y avait pas que le cas de Raphael Nganguele qui, lui, détenait la meilleure performance. Il y avait également Emmanuel Eseme. Il avait réalisé à cette même course un chrono de 20.57.

Quelles sont les raisons  évoquées  par la World Athletics pour motiver son refus ?

Elle estime que la vitesse du vent a été prise manuellement et non avec un chrono électrique. Par ailleurs, elle remet en cause le fait que plusieurs records personnels ont été battus ce jour-là et sur cette même course. Nous leur avons rappelé que certes, des records personnels ont été battus, mais Emmanuel Esseme,  par exemple, n’a pas battu le sien. Le sprinteur avait couru son 200 m en 20.57 alors que son record est de 20.31. L’instance internationale a, ensuite, épilogué sur la constance de ces performances après cette course-là. Elle relève, en outre, l’inconstance des athlètes qui, aux lendemains de ces performances-là, n’ont plus brillé. Plus tard, Raphael Nganguele a, par exemple, enregistré comme meilleure performance, un chrono de 20.93 sur 200 m. Ce qui est très loin de celui du 7 mars dernier.

Maintenant, il peut bénéficier des circonstances atténuantes dans la mesure où il s’est blessé lors d’un meeting. Il n’a pas pu revenir très vite au top de sa forme. De retour de blessures, il fait un 21.68 lors du Grand prix et 21. 18 au championnat national. Vous voyez qu’il est très loin de sa meilleure performance. Toutes choses auxquelles s’est intéressée la World Athletics. Vous convenez avec moi que tous ces éléments  ne militaient pas en faveur de Raphael Nganguelé.

Quelles actions concrètes la Fédération camerounaise d’athlétisme a-t-elle entreprises pour faire homologuer ce qu’elle considère comme étant le meilleur chrono mondial de la saison ?

La Fédération a entrepris plusieurs actions. Nous avons eu des échanges de correspondances avec la World Athltics à l’effet de pouvoir faire valider les performances enregistrées lors de ce meeting et, précisément, celle du 200 m afin qu’elles soient reconnues. Donc, il faut dire que ça n’a pas été facile. Bien que nous ayons usé de tous les moyens en envoyant même une vidéo amateur pour essayer de les convaincre. Sauf qu’au finish, ça n’a pas marché.

A notre niveau, nous pensons avoir fait notre travail. Il était important pour d’éviter que ce souci n’affecte le moral de notre athlète. Donc, voilà un peu ce que nous avons dû faire parce qu’en même temps, le seul fait que nous n’ayons pas de minimas direct, nous a fait perdre également une place. Par centre, si la performance de Raphael Nganguelé avait été homologuée, ça nous aurait permis d’avoir une place d’universalité de sexe féminin.

Propos recueillis par Y.C. ELONG BEBEY

Rédaction

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