Eliminatoires Mondial féminin U17 : Les Camerounais en «captivité» sont de retour

Eliminatoires Mondial féminin U17  : Les Camerounais en «captivité» sont de retour
Aéroport de Yaoundé-Nsimalen. Jeudi, 9 juin 2022. Les U17 de football féminin de retour de Tanzanie avec leurs encadreurs.

Le reste de la délégation encore retenue en Tanzanie est revenue ce vendredi, 10 juin 2022 au Cameroun avec les Lions Indomptables.

Ils sont huit : six joueuses, le sélectionneur Stéphane Ndzana et le médecin de l’équipe. Ils arborent tous le survêtement de l’équipementier du Cameroun : gris pour les joueuses et noir pour les deux encadreurs. Un sourire non feint barre les lèvres des uns et des autres. A observer leur expression faciale, on comprend qu’ils sont tout simplement heureux de rentrer à la maison qu’ils retrouvent après cinq jours de «captivité».

Ils sont revenus ce jeudi soir, 9 juin 2022 à 23h10 dans le vol spécial qui a ramené les Lions Indomptables, de retour de Dar-es-Salaam (Tanzanie). Le capitaine Vincent Aboubacar et ses coéquipiers ont rencontré et battu hier, 9 juin le Burundi. Le match comptait pour la deuxième journée des éliminatoires de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) de football «Côte d’Ivoire 2023». La délégation a, à sa tête le président de la Fédération Camerounaise de Football (Fécafoot), Samuel Eto’o.

Le groupe de huit constitue le reste de la délégation camerounaise des U17 présente en Tanzanie dans le cadre du match retour du quatrième et dernier tour des éliminatoires de la Coupe du Monde de football féminin U17 «Inde 2022» disputé dimanche dernier, 5 juin 2022 au Aaman stadium de Zanzibar. Comme au match aller deux semaines plutôt à Yaoundé (0-4), les Camerounaises ont été battues 1-0 par les Serengeti Girls de Tanzani. La rencontre, tout comme l’expédition en elle-même, a été émaillée par des incidents troubles, des scènes de violence à la limite de l’inacceptable.

«Nous avons été retenues à l’aéroport en Tanzanie pendant trois heures après l’atterrissage de notre avion… À notre arrivée à l’hôtel, le coach a été mis en quarantaine sans même avoir été testé… », raconte Lamine Mana, l’attaquante des U17 dans un entretien diffusé lundi dernier par nos confrères de Radio Sport Info. La joueuse s’est plainte d’avoir subi des violences. Elle évoque une suspension arbitraire de six joueuses, des bagarres et agressions des membres de la délégation.

Intervention

«Le jour du match, poursuit-elle, ils sont venus avec une liste, sans avoir nos passeports. Ils citaient les noms de six filles en plus du coach, pour les mettre en quarantaine. Nous étions à une heure du match. Arrivés au stade, nous avons essayé de porter réserve, le commissaire du match a refusé, disant que nous n’avons le droit de signer aucun document. Notre Team Manager a été bastonné. Le match qui devait débuter à 15 heures a plutôt débuté à 18 heures».

D’après le sélectionneur des U17 dames, les noms des six joueuses retenues ne figuraient pas sur la feuille de match à l’aller. Il était donc question, pour les Tanzaniens de, non seulement déstabiliser l’équipe camerounaise, mais aussi la fragiliser en empêchant toutes les joueuses qui n’avaient pas évolué à Yaoundé de figurer sur la feuille de match. Pour s’y faire, lesdites joueuses sont déclarées positives au test Covid-19. Les responsables de l’encadrement affirment n’avoir jamais vu les résultats desdits tests.

«Des policiers tanzaniens en civil ont essayé manu militari de mettre en quarantaine les footballeuses de l’équipe du Cameroun dans une cellule. Heureusement, ils se sont heurtés à une vive opposition des membres de la délégation camerounaise et l’altercation a failli tourner au vinaigre. C’est pendant ces mouvements que des joueuses camerounaises ont été brutalisées», rapporte le sélectionneur des U17. Les vidéos des scènes de violence ont circulé sur la toile. On y voit des joueuses camerounaises en larmes. Lamina Mana affirme avoir subi une maltraitance de la part de la Tanzanie.

Les huit membres de la délégation camerounaise sont déclarés positifs au Covid-19 et mis en quarantaine dans un hôtel de Zanzibar. Il faudra l’intervention du président de la Fécafoot, au lendemain de son arrivée en Tanzanie, pour que les autorités de l’Ile consentent à «libérer» les Camerounais retenus en «captivité». Samuel Eto’o est venu les récupérer hier, après le match des Lions Indomptables, sur le chemin pour Yaoundé.

Grace ZEN

Rédaction

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